Étude hydrogéomorphologique de la rivière Bécancour (secteur Black Lake)
Le Groupe de concertation des bassins versants de la zone Bécancour (GROBEC) et l’Association de protection du lac à la Truite d’Irlande (APLTI) invite les acteurs de l’eau ainsi que la population à prendre connaissance d’une 3e étude d’envergure réalisé par la firme AVIZO afin de restaurer l’ancien cours de la rivière Bécancour et l’ancien lac Noir, aujourd’hui devenu la fosse de la mine Lac d’Amiante. Rappelons que le lac Noir a été asséché de 1955 à 1959 pour faire place à l’exploitation de l’amiante par un simple décret ministériel. Cette étude a pu être réalisé grâce à l’appui financier des MRC de l’Érable et des Appalaches, la Ville de Thetford, la municipalité d’Irlande ainsi qu’une bourse américaine que l’APLTI a pu obtenir de IEN-WMAN Mini Grant.
En effet, une étude de faisabilité (CHUM) a été réalisé à l’automne 2020 pour le compte de l’APLTI qui démontre la possibilité de trois variantes afin de reconnecter le lit de la rivière à son ancien puits. De plus, Olivier Jacques et Reinhard Pienitz de l’université Laval ont publié en mai 2022 un rapport offrant cette fois-ci un éclairage scientifique catégorique sur ce phénomène grâce à des analyses paléolimnologiques détaillées qui démontre que les montagnes (haldes) de résidus miniers amiantés (RMA) s’érodent, laissant s’échapper de grandes quantités de sédiments et de fibres d’amiante. Ceux-ci sont transportés par la rivière Bécancour et viennent rapidement remplir l’étang Stater ainsi que le lac à la Truite d’Irlande, les faisant vieillir prématurément. D’ici quelques dizaines d’années, le lac à la Truite d’Irlande, déjà à l’agonie, est menacé de disparaitre. De plus, quoiqu’aucun critère de qualité de l’eau pour l’amiante ne soit en vigueur au Québec à l’heure actuelle, par principe de précaution, ce minerai ne devrait pas pouvoir s’échapper librement des anciens sites miniers. Rappelons que ces sédiments amiantés causent un préjudice à la rivière Bécancour et ses lacs fluviaux.
La présente étude a permis de conclure que sur le plan hydrogéomorphologique la déviation proposée est viable et permettra de restaurer une partie de la dynamique sédimentaire historique et de restaurer minimalement la fonction d’interception sédimentaire que ce dernier assurait autrefois. Maintenir le statu quo revêt lui-même un potentiel de conséquences allant au-delà de la continuité de la dégradation des lacs fluviaux en aval.
Cependant, plusieurs analyses détaillées devront être menées afin notamment de modéliser avec précision les écoulements actuels et projetés de même que de quantifier les flux sédimentaires du bassin versant.
