EXTRAITS DU RAPPORT
Qualité de l’eau à la fosse du lac à la Truite d’Irlande et de l’étang Stater
Les données obtenues à la fosse du lac à la Truite d’Irlande de 2017 à 2019 montrent des niveaux de phosphore total et de chlorophylle a très élevés (Boucher, 2018; Duval, 2018).
On note des variations interannuelles relativement importantes de ces deux éléments, qui peuvent s’expliquer en partie par la grande variabilité du climat et des précipitations des dernières années, deux phénomènes ayant une influence directe sur les apports en nutriments issus des tributaires.
Le lac à la Truite est alimenté par un grand nombre de ruisseaux et de rivières, et ces derniers apportent des quantités considérables de phosphore et de matières en suspension, en plus des coliformes fécaux dont on mesure des niveaux préoccupants à la fosse.
Considérant les données de chlorophylle a très variable, descendant à des niveaux de productivité plus modérés comme cette année, tout porte à croire qu’avec une réduction à la source des entrées de phosphore, le lac pourrait retrouver un classement plus modéré en termes de vieillissement.
Concernant les mesures de coliformes fécaux à la fosse du lac, il va de soi que, bien que nous n’ayons obtenu qu’une seule mesure en 2019, en temps de pluie d’intensité moyenne, cette donnée est très inquiétante. La masse d’eau du lac devrait normalement permettre la dilution des concentrations en coliformes à des niveaux beaucoup plus bas et sécuritaires, mais le niveau observé (627 UCF/100ml) s’approche de la limite où tous les usages seraient proscrits (< 1000 FC/100ml). Cette donnée n’est certes pas étonnante, considérant nos observations des trois dernières années à la station d’épuration plus haut sur la Bécancour.
Il est donc clair que les usages récréatifs sont largement compromis sur le lac à l’heure actuelle et qu’il existe un risque réel pour la santé des usagers et la valeur mobilière des propriétés adjacentes.
L’étang Stater sert quant à lui de bassin de sédimentation au lac à la Truite. On pourrait même dire de marais filtrant, vu ses nombreux herbiers. Du point de vue de la qualité d’eau du lac à la Truite, c’est très positif. Cependant, du point de vue de l’étang en soi, qui est un habitat faunique exceptionnel, les données obtenues sont plutôt inquiétantes. Le phosphore total et la chlorophylle a y sont encore plus élevés que dans le lac en aval et leurs niveaux sont préoccupants.
On assiste clairement à une eutrophisation accélérée de l’étang. Bien que nous ne possédions pas de données pour les années précédentes, il est clair qu’améliorer la qualité d’eau des tributaires en amont, notamment celle de la rivière Bécancour, aurait un impact extrêmement positif pour l’étang et la faune qu’il abrite, ainsi que pour les usages récréatifs.
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